CHAPITRE 3 : B A P H O M E T
Au cours de mon séjour,avant de reprendre la route de Marseille, je n'avais plus qu'un objectif : passer le plus de temps possible avec Yasmina.En quelques semaines, j'appris plus de choses sur les contacts humains que mon expérience passée à l’hôpital.En plus de l'amour, de la chaleur que j'avais trouvés, ma formation spirituelle se façonna avec nos visites à la Lamaserie.
J'étais chrétien et croyant, grâce à ma mère. Mais Kaniour Rimpotché respecta ma foi et me donna une autre direction pour mon esprit.Depuis mon arrivée à St Auban, j'avais eu l'occasion de rencontrer, sur mon chemin, des hommes et des femmes exceptionnels, qui m'apportaient beaucoup de richesses intérieures. Evidemment, à commencer par Yasmina mais aussi Anne et enfin le Maître tibétain.Il y avait aussi les disciples qui fréquentaient le monastère et quelques autres. J'avais remarqué une particularité chez eux tous : des êtres bons, sans esprit "matérialiste", essayant de donner plutôt que de recevoir.
Dans leurs yeux, on voyait luire la compassion envers l'autre et non la haine ou l'envie. Tout le monde était calme, vivait près de la nature, sans penser au lendemain : " Il faut vivre le temps présent " et prendre ce qu'il y a de bon, en éloignant les pensées négatives. J'étais comme sur un petit nuage, en un mot j'étais Zen !Nous remontâmes avec Yasmina, trois ou quatre fois ravitailler les bergers.Je pus mieux inspecter les lieux. En fait, derrière la bergerie que l'on apercevait en arrivant, et le grand abreuvoir, il y avait d'autres bâtiments, dont la plupart était en ruines. On découvrait comme un grand hameau avec des ruelles étroites, au sol en dalles de pierre et tout autour, des grandes maisons. Les premières avaient été restaurées par les bergers : c'est là d'ailleurs où ils habitaient. Plus loin, on trouvait une maison séparée pour les hôtes de passage : c'était notre refuge avec Yasmina, lorsque nous redescendions du tertre.
Au fond, plus haut, on apercevait un amoncellement de ruines . Mais, en regardant attentivement et en fouillant, on devinait une grande bâtisse, tel un hôpital.
Plus loin, on pouvait voir une chapelle et un cimetière attenants. En ce qui concerne l’édifice le plus important, ou ce qu'il en restait,on voyait encore des murs épais, des petites fenêtres et des orifices étroits, comme des meurtrières.Je demandais donc des explications à Yasmina. Elle me répondit que le "lieu-dit" s'appelait "L'Hôpital". En fait cette appellation datait du Moyen-âge.
A l'époque, tous les lépreux de la région y étaient rapatriés et soignés. En plus de cet hôpital, se situait, plus loin une place forte, sans doute celle des Templiers.
Leur caserne était le gros bâtiment, adossé à la roche.Yasmina avait inspecté les tombes du cimetière et remarqué que certaines pierres tombales portaient, en plus de noms -pour la plupart effacés- une croix templière. Je décidais, un jour, d'aller les inspecter car j'avais toujours été attiré par l'histoire des Templiers.Je m'intéressais aussi d'un peu plus près, à la personnalité de Jean, le frère de Yasmina. Je révisais donc mon jugement, peut-être donné un peu trop hâtivement au début. En fait, il n'avait rien d'un "simplet".
Il était seulement calme, réfléchi, pas très évolué certes ni d'une grande vivacité d'esprit. Cela voulait dire qu’il était, pour tout, au premier degré, étant donné son peu d’instruction. Il était aussi un peu étouffé par sa sœur : admiratif sans doute dès le début de leur enfance, elle avait pris un ascendant sur lui et , maintenant, tout naturellement, il se laissait guider.
Mais, à côté de cela, il avait sa compréhension des choses et se contentait d'une existence près de la nature.Ainsi, ce qui m'avait fait évoluer dans cette idée, c'était sa manière d'analyser ce qu'il avait trouvé d'intéressant dans les ruines de l'Hôpital et qu'il avait gardé pour lui, sans même en faire part à sa sœur.Comme je montais, un jour, dans ces ruines, interprétant les paroles de sa sœur, sur ce qu'elle m'avait appris, il me déclara :"Antoine-Baptiste, je vais te livrer un secret. Je peux te dire que, comme toi, je suis passionné par l'histoire des Templiers. Je suis donc allé fouiller le cimetière. Comme tu l'as vu, il y a beaucoup de pierres marquées d’une croix.
Un soir, les feux follets m'ont conduit à une des tombes parmi celles les plus éloignées et les plus anciennes. Là, à la lumière de ma torche, j’ai eu comme une inspiration : dans l’herbe, qui recouvrait la tombe, il m’a semblé voir la pierre tombale légèrement déplacée.
J’ai, avec mes mains faisant levier, déplacé celle-ci. Qu’elle ne fut pas ma stupéfaction de voir, un peu plus bas, un crâne enfoui. Je n’eus aucune peine à le dégager.Je n'ai pas eu peur, sachant que ce ne sont que des cadavres, enfouis là depuis des siècles. Mais, il y avait encore autre chose : avec la lumière projetée, j'ai aperçu alors un cylindre en cuivre contenant un vieux parchemin. Après l’avoir extirpé, je l'ai pris et caché dans mes affaires.Dans toutes les situations, tu as toujours été gentil à mon égard. Etant plus instruit que moi, j'ai décidé de te le donner Il est écrit dans un français que je ne comprends pas trop : c'est peut-être celui d'une autre époque! Je t'avoue que j'ai essayé de le lire : tout ce que j'ai assimilé c'est la confession d'un templier qui séjournait dans la Forteresse."Un peu interloqué par cette histoire, je lui répondis néanmoins, aussitôt :" Je te remercie, Jean, de ta confiance.
J'essaierai de le lire attentivement et de le traduire. Je te raconterai ce qui est dit dans ce parchemin."Ensuite, nous allâmes dans sa chambre et là, il me remit avec solennité, un cylindre en métal, presque vert-de-gris, contenant un vieux livre relié, d'une trentaine de pages. Il avait pris soin de l'envelopper, afin qu'il ne s'abîmât pas plus qu'il ne l'était déjà.Evidemment, j’en fis part à Yasmina. Je lui demandais, toutefois de ne souffler mot à son frère sur notre secret.J'oubliais cette histoire et ce n'est que plus tard, à Marseille, que je pris soin, au cours de mes gardes, de l'examiner avec attention.
Avec peine et minutie, j'arrivais à trouver les termes , dans notre langue actuelle, pour relater cette histoire fantastique.Je vais donc vous livrer le résultat de mes investigations.Je vous assure que je fus bouleversé par ce récit. Je crois, d'ores et déjà, qu'il va falloir revoir l'Histoire et tout ce que nous savons sur ce sujet.En voici le texte intégral :"
Moi, Hugues de Payns de Baghary, arrière petit neveu du Bien Nommé Hughes de Payns de Baghary, fais une Déclaration Solennelle au sujet du déroulement de la Fin des Templiers.Mon arrière grand oncle avait été moine à l'Abbaye Saint Victor à Marseille, dès 1107. Templier ensuite, il avait rejoint en Palestine son homonyme le grand Hugues de Payns, chevalier champenois, fondateur des Templiers. En effet, ce dernier avait également fréquenté, quelques années plus tôt, cette même Abbaye. C'est là où ils s'étaient d’abord connus et appréciés et c’est ce qui avait motivé mon oncle pour rejoindre en Palestine son homonyme.Appelé par la vocation,je suis entré dans les Ordres. Moine à Citeaux, j'ai été détaché à Paris, au moment des évènements de l’époque- arrestation des principaux Grands Maîtres templiers en 1312 – comme confesseur à la Prison du Louvre. Encore tout jeune – 27 ans -ce que j'ai pu entendre m'a marqué pour la vie et donné envie de me retirer loin des intrigues de la Religion et de la Royauté.Je vais vous conter la révélation que j'ai eue, en confessant Jacques de MOLAY, grand Maître de l'Ordre des Templiers, le 18 Mars 1314, avant son supplice sur le bûcher.J'ai écouté les ultimes confidences de ce grand homme.
Un soir, je fus appelé dans un étroit cachot, très sombre où l'on distinguait, à peine la silhouette d'un homme, du moins ce qu'il en restait. Pourtant, on devinait un grand personnage. Il était accusé d'hérésie.Condamné à mort, j'étais la seule personne qu'il verrait avant le bourreau. Il me fit des révélations d'une réelle importance.
J’ai sentis alors leurs solennités. Si elles étaient connues, elles pourraient changer le cours de l'histoire chrétienne.Malheureusement, étant confesseur, je ne pourrais les confier à personne. Il me vint à l’idée pour la postérité, de les coucher sur un parchemin. Plus tard dans mon ermitage, je mis à exécution cette résolution. Dès cet instant, j’avais décidé de me retirer, pour me consacrer aux plus pauvres et aux plus malades.Averti par le passé de mon grand oncle et ayant connu toute l'histoire des Templiers, j'étais gêné, moi, jeune moine, d'avoir à confesser cet homme, à la fois chevalier et moine, Grand Maître d'un Ordre prestigieux, respecté, jusqu'à présent dans le monde chrétien.J'ai pu constater que son regard pénétrant et pur traduisait la franchise.C'était un vrai soldat d'un courage inouï.
Malgré ses nombreuses blessures, ayant été torturé à mort, on sentait, dans les paroles qu'il a prononcées ensuite s'exprimer les vertus templières à savoir : la patience pour bouclier, l'humilité pour cuirasse et la Charité pour lance.J'ai compris, à travers ses paroles, que toute sa vie avait été consacrée à porter secours à tous, quelle que soit sa religion ou sa race.
Il avait dû combattre, comme guerrier, proprement, comme un noble chevalier qu'il était.
C'est donc quelques heures avant qu'il ne fut brûlé en Place de Grèves, que je le rencontrais dans cette geôle de l'Inquisition.Je reverrai toujours dans ma mémoire ce prisonnier à l'allure superbe, aux traits étonnamment fins, aux yeux sombres, brillant d'une lumière peu ordinaire. On sentait en lui, à la fois de la noblesse et de la sainteté. Pourtant, torturé à mort d'une façon ignoble, il souffrait le martyre. On voyait encore les traces d'huile bouillante qui enduisait ses membres supérieurs et son torse puissant.Ce qu'il me révéla était d'une importance capitale et j'en avais conscience.Comme je l'ai dit plus haut, je ne pouvais le divulguer.
Mais je décidais, dès cet instant, de le mettre noir sur blanc, plus tard, dans le château familial de Valcros, en Haute-Provence. J’ai mis plusieurs années à coucher ces écrits sur un parchemin, enfermé dans un cylindre de cuivre qui me suivrait jusque dans mon tombeau.Cet homme parla longtemps, voulant peut-être contredire les écrits des clercs qui consignaient tout ce qu'il disait, mais à leur manière d'inquisiteurs, influencés par leur hiérarchie, tout cela rédigé pendant qu'on le torturait.Voici son histoire :" Moi, Jacques de Molay, dernier Grand Maître de l'Ordre des Templiers, vais dire, maintenant tout ce que l'on doit savoir sur mon Ordre.Les Templiers furent fondés en 1118, ayant pour but de protéger les pèlerins qui se rendaient en Terre Sainte.
Afin d'éviter qu'ils ne se fassent piller et tuer par des bandes de malfaiteurs organisés à cet effet, sur la route qui les menait à Jérusalem, ces voyageurs trouvaient refuge, le soir venu, à travers toute l'Europe et en Palestine, dans des fermes ou des forteresses, tenues par les Templiers.
Mais, de plus,moines, soldats et pour la plupart chevaliers érudits, pendant deux siècles, jusqu'à ce jour, ils furent amenés à être les conseillers, les diplomates et les banquiers des seigneurs, rois, empereurs et papes régnants.Etant au dessus de toute suspicion, le Temple conservait aussi d'énormes sommes d'argent, déposées par les princes pour les paiements des traités entre nations. En somme, nous étions devenus, sans le vouloir,une Banque Monastique.De plus, dans le cadre de découvertes scientifiques,mathématiques et architecturales, que nous fîmes en Orient, nous pactisâmes avec les notables de l'Islam, ce qui nous vaut maintenant, par l'Eglise, une accusation de trahison.Pour quelles raisons, en effet, avons-nous déplu à l'Eglise qui applique des Dogmes sans fondement ?Elle a pour coutume d'effrayer les fidèles par de vaines superstitions et d'imposer des croyances sans aucune raison!
Quant à nous, nous voulons seulement conserver le Message de Jésus : Fraternité, Amour envers le prochain, Humilité et Pauvreté pour nous-mêmes.Jamais aucun templier n'a dérobé de biens pour lui-même : la communauté les administre et les fait fructifier pour celui qui se présente à nous complètement démuni :c'est seulement cela notre Mission !Ainsi, la jalousie des notables de l'Eglise, la rapacité de certains, surtout celle du Roi de France Philippe le Bel et l'ignorance à ce sujet du Pape Clément V, ont, petit à petit, abouti à un complot contre nous Dernièrement, je fus arrêté ainsi que toute ma hiérarchie.Bien peu de mes pairs purent s'échapper. Volontairement,je voulus rester et me faire arrêter comme mes hommes. Interrogés par l’Inquisition, on nous fit avouer des choses iniques qui n'ont rien à voir avec notre message d'amour envers le prochain. Je précise que tous les Templiers ont toujours respecté ce commandement d’amour.Ainsi, notre aventure a commencé avec les neuf chevaliers fondateurs, au cours de la première croisade.
En 1128, au concile de Troyes, notre Père Fondateur, Hugues de Payns, après quelques années vécues en Palestine avec ses huit compagnons,demanda à l'Eglise sa reconnaissance.C'est Bernard de Clairvaux qui rédigea notre Règle.L'Eglise et la Royauté française ont voulu faire croire que nous avons dévié de notre Règle de pauvreté. Je viens d'expliquer plus haut que nous avons toujours respecté, pour nous-mêmes, ce vœu. Je peux vous confirmer que nous n'avons jamais dérogé à cet engagement. Cependant,on a simplement oublié, ou fait semblant! que les Templiers ont toujours été des nobles, pour la plupart fortunés, qui ont apporté leurs biens,- meubles ou immeubles- dans notre communauté.
Au cours des ans, nous avons su faire fructifier cet avoir et c'est la raison pour laquelle nous sommes devenus les banquiers des grands de ce monde, mais il ne faut pas oublier que nous avions des biens propres !On m'a demandé aussi où j'avais caché le Trésor du Temple ?A part quelques bijoux appartenant aux familles les plus nobles, je le répète nous n'avons fait - par de judicieux placements- qu'amplifier notre propre fortune.Nos propriétés en Europe et dans le pourtour de la Méditerrannée ?Ce sont aussi les propriétés apportées en donation ou achetées directement par nos plus prestigieux frères !Je vais cependant confesser devant vous, mon Père, chose que je n'ai point avouée,que nous avonsDeux Reliques Importantes !!!Ainsi, au moment des évènements qui nous ont emmenés à être emprisonnés, averti donc par la rumeur publique,j'avais pris soin, auparavant, de faire emporter ces trésors, par de fidèles chevaliers, afin de les placer en lieux sûr.En effet,dès 1307, avant mon arrestation,je compris, après quelques fouilles chez nous par les sbires du Roi, que nous étions devenus "indésirables".Je pris donc très vite la décision de les faire tenir chez un des nôtres,en Ecosse.C'est d'abord le Vase de Jésus, qui est l'un de ces trésors.Je m'explique sur cette première relique :C’est Joseph d'Arimathie qui le détenait. Membre du Sanhédrin, c'est-à-dire du Haut Conseil Israëlite, il était néanmoins ami de Jean l'Evangéliste et de Jésus.
Il a joué ainsi un rôle important à cette époque.Comme expliqué dans le Nouveau Testament, il a découvert le lieu où s'est déroulé La Cène.Le lendemain, il a pris .la petite coupe en grès qui avait servi à Jésus et ses apôtres pour boire le Vin. Il l'avait gardée tout d’abord en souvenir.Après la mort de Jésus,il l'a prise avec lui et apportée au pied de la Croix.
Il a encore, dans cette coupe, recueilli quelques gouttes de Son sang séché.L'ayant gardée chez lui, il dut la cacher, lors de l'arrestation de Jacques-le Mineur, l'un des frères de Jésus, fils de Joseph – Joseph avait, en effet, trois fils et deux filles d'un premier mariage-Jacques, à peine son aîné, était le plus proche de Jésus. A la mort du Christ, il devint le chef de la communauté chrétienne de Jérusalem.Joseph d'Arimathie, se sentant en danger, poursuivi par les hommes d'Anne, le beau-Père du Grand Prêtre Caïphe, prit la décision de partir momentanément de Palestine. Au préalable, il voulut protéger le vase de grès, si précieux. Il le mit donc dans une cache, enfouie sous sa maison. Mais, parti en barque avec les autres : Marie-Jacobé, sœur de la Vierge Marie, Marie-Salomé, mère des apôtres Jacques –le-Majeur et Jean l'Evangéliste, Lazare, l'ami de Jésus, le ressuscité,ses deux sœurs Marthe et Marie-Madeleine,la compagne de Jésus ainsi que Maximin, Sidoine l'aveugle guéri et Sara la servante, il ne revint jamais à Jérusalem.D'ailleurs les passagers débarquèrent sur notre beau sol de France, en Provence, pour évangéliser nos compatriotes.
J'ai découvert tout cela dans les écrits de notre fondateur, lors de son séjour dans la Cité Sainte.C'est quelques siècles plus tard, que des Sarrazins trouvèrent ce trésor par hasard et, par déduction, comprirent son importance.En 1101, lors de la prise de Césarée, au cours de la première croisade, des chevaliers génois retrouvèrent ce Vase Sacré.Dix sept ans après, ils rejoignirent L'Ordre du Temple à Jérusalem.Ils donnèrent alors à notre Ordre ce symbole qui est le plus significatif de la chrétienté.Hugues de Payns décida de le garder pour les raisons invoquées plus haut : il n'avait déjà pas la même idée de la religion que la papauté.C'est pour cette raison aussi que, dernier Grand Maître de l'Ordre, j'ai décidé de le faire disparaître de peur qu'il ne tombe dans les mains des félons aux ordres de Philippe-le-Bel.Vous êtes-vous posé la question, un jour, de savoir la raison pour laquelle les Templiers portent un grand manteau blanc avec une croix rouge ?Je vais vous répondre :Le manteau blanc de notre Ordre c'est la pureté de tous nos actes .La croix rouge, c'est le sang de Jésus versé sur la Croix pour toute l'humanité.
Après cela, croyez bien que nous ne sommes pas les hérétiques que l'Eglise veut bien faire croire!Le second trésor, toujours très symbolique, est une croyance propre à notre Ordre et transmise part des écrits esséniens que nous avons trouvés dans la citadelle de Qümran.Ainsi, en 1142, les templiers fondèrent en Palestine, une Commanderie située à un endroit, dominant la Mer Morte et dénommé Khirb et Qumran.Au début, il n'y avait que trois nobles Templiers et quelques serviteurs : Raimbaud de Simiane, Saignon, Balthazar de Blacas et Pons des Baux. Cette commanderie fut construite sur l'emplacement d'un fort romain, issu de la restauration d'un ancien couvent-forteresse essénien.Au cours des fouilles, ce sont eux qui découvrirent notre second trésor.Dans l'ancien camp, on pouvait voir les tombes esséniennes, disséminées dans un vaste cimetière.
De là, en face du désert, on surplombait la Mer Morte.Avant d'entreprendre des travaux importants de restauration et de construction d'une nouvelle forteresse, ils fouillèrent minutieusement le cimetière et trouvèrent des parchemins esséniens enterrés dans une caisse métallique, où se trouvait également une tête embaumée.Cette tête, pour nous, c'est B A P H O M E T .Je vous donne maintenant quelques explications :Baphomet n'est pas, comme le dit l'Eglise, " une pratique satanique par l'adoration d'une tête ".
Ce n'est donc pas un mythe symbolique des adorateurs du Diable !Baphomet veut dire, contrairement à ce que l'on croit, SAGESSE . ( Sophia en grec ).La tête trouvée est celle de Jean le Baptiste !Comme vous le savez, Mon Père, Jean était le Fils de Marie-Jacobé, sœur de Marie , la mère de Jésus : c'était donc son cousin germain.Avant de partir dans le désert de Magdala, sur les bords du Jourdain, Jean, le Précurseur, avait séjourné chez les Esséniens. Pendant trois ans, il a habité et étudié précisément dans la Citadelle de Qumran.Les Esséniens étaient une communauté israëlite "ésotérique". Ils étaient solidaires en tout, réunissant leur avoir, mangeant, priant et travaillant ensemble. De plus, avant chaque repas, tous les jours,ils partageaient le pain et le vin en invoquant Dieu, comme le fait tout israëlite pratiquant le Shabbat, mais seulement une fois par semaine, le Vendredi soir.
Très évolués spirituellement, ils avaient une vue d’ensemble sur le monde. Donc, ils savaient analyser, sur le plan théologique, une approche apocalyptique . Comme vous le savez, Mon Père, Apocalypse, dans le sens étymologique du mot, veut dire le " dévoilement de ce qui est caché. "Jean le Baptiste, imprégné de cette doctrine, influença son cousin dans la formation de son mouvement.. De plus, Jean l'Evangéliste, Cohen , c'est-à-dire étudiant en théologie à Jérusalem, fut également influencé par la doctrine essénienne : on le retrouve dans ses écrits.Nous mêmes, Templiers, nous nous sentons proches de cette doctrine.
Après tout, n'est-elle pas celle de Jésus ? lui-même israëlite pratiquant, fréquentant la synagogue et connaissant les Ecritures à fond ?C'est cela l'Eglise chrétienne primitive, empreinte de l'enseignement de Jésus, uniquement basé sur l'amour du prochain, la pauvreté et l'humilité : n'est-ce pas ce que nous pratiquons ?A la mort d’un des leurs, les Esséniens observaient une coutume israëlite. Ils conservaient seulement la tête embaumée.Lorsque Jean Baptiste fut décapité sur l'ordre d'Hérode à la demande de sa belle fille Salomé, les prêtres esséniens de Qumran réclamèrent à un membre du Sanhédrin, le droit de récupérer le corps de leur disciple.Ce membre était également Joseph d'Arimathie, qui eut donc un double rôle dans la découverte de nos trésors !Le membre du Sanhédrin put le récupérer et le leur apporta : les Esséniens, après une émouvante cérémonie, entérrèrent le corps et embaumèrent la tête, placée dans une caisse métallique.
Les manuscrits trouvés et déchiffrés par nos Templiers, prouvent bien que cette tête est celle du Précurseur.Nous l'avons donc conservée. Sans l'adorer, nous avons pour cette relique, tout le respect dû à son souvenir.Comme, à part quelques morceaux de bois de Sa Croix, nous n'avons rien de son Cousin, nous pensons qu'il est normal qu'un Ordre prestigieux comme le nôtre, ayant longtemps séjourné en Palestine, puisse garder par devers soi, une aussi importante relique.Je vais, quand-même, un peu vous expliciter le sens du mot Baphomet.D'abord, tout le monde croit que la tête de Jean Baptiste est enterrée dans un sarcophage, situé à côté du corps du martyr chiite Hussein, dans la Grande Mosquée de Damas, en Syrie. Il n'en est rien, comme je viens de vous l'expliquer, mais les chrétiens ont pris l'habitude d'y aller en pélérinage. Cette croyance nous a toujours arrangé, du fait que nous la détenons secrètement.Il faut aussi reprendre la traduction de Baphomet en araméen. Cela veut dire simplement Baptême par le Feu, comme l'Esprit Saint descendant, à Pentecôte, sur les disciples.
Ainsi, tous les Templiers, comme les Compagnons du Christ, ont, sur leurs têtes, ces Lampes de Feu qui leur donnent la Connaissance : intuition des arcanes aussi bien spirituelles que matérielles. C'est peut-être cela qui les a aidés à posséder, au fil des siècles, la puissance qui a été la leur.Je vous rappelle, Mon Père, que nous ne sommes pas d'accord avec l'Eglise, sur les Dogmes et les pratiques de vaines superstitions.
C'est la raison pour laquelle les Templiers n'ont pu se décider à divulguer ces deux découvertes. De plus, notre Ordre, s'entourant de précautions et nos membres jurant de garder secret nos pratiques chrétiennes, pendant près de deux siècles rien n'a transpiré. Il a fallu les bourreaux de l'Inquisition pour nous faire avouer sous la torture des aberrations.Les prélats de l'Eglise se sont toujours méfiés de nous et ne nous ont jamais aimés, car nous sommes avares de paroles sur le déroulement de nos cérémonies, notamment celle dite "d'introduction d'un Chevalier" parmi nous pour devenir Moine-sodat.Voilà, Mon Père, vous savez tout !Il n'y a rien à rajouter. Tout ce que l'on nous a fait avouer à tous , sous la torture, consigné par les clercs de l'Eglise, n'est pas la Vérité .Vous êtes le seul à la connaître !Mais je peux vous dire que les évènements me donneront raison.D'ailleurs, la seule preuve tangible de ma bonne foi, de ma foi en Dieu et du fait que je suis dans le Bon Chemin de Notre Seigneur, cette preuve, je la donnerai et la proclamerai en place publique, tout à l'heure, avant de mourir sur le bûcher.Dieu est irrité par tous les crimes et les exactions que les hommes commettent en Son Nom : Il le fera savoir avant la fin de cette année.
Alors qu'une "Majorité Silencieuse" est exemplaire, une certaine hiérarchie ecclésiastique se conduit comme une puissance temporelle.La Royauté, quant à elle, pour des raisons mercantiles, échappe à son devoir de Justice et d'Equité.J'en appelle donc, solennellement, à la Justice Divine..Je vous le répète, dans le courant de cette année, les deux responsables iront rendre compte sur le sang versé par les Templiers, innocents de tous crimes envers les hommes et la Religion. "( Note de l'Auteur : Le Pape Clément V est mort le 20 avril 1314 et le Roi Philippe le Bel est mort, à son tour, le 29 Novembre de la même année. )Nous parlions ensemble depuis minuit et il était déjà trois heures du matin.
Or, les soldats devaient le réveiller à six heures pour le préparer à l'éxécution.Le prisonnier comprit mon impatience !"Ne vous tracassez pas, Mon Père,J'aurais toute l'Eternité afin de me reposer ! ".Après avoir fini de traduire la dernière ligne de ce texte en français d’aujourd’hui,Antoine-Baptiste se mit à réfléchir.
Comment ce testament, enfoui depuis des siècles dans une montagne du Haut-Pays était-il parvenu jusqu’à lui ? Pour quelles raisons avait-il été désigné par le sort ou la Providence, pour découvrir cette dynamite ? Jusqu’à présent, ses études n’avaient été que médicales et, c’est vrai, il avait délaissé le reste :il n’avait donc jamais entendu parler des Templiers, ou très peu.Alors, devait-il faire connaître cette vérité ? Comment ? « Vous connaîtrez la Vérité et, celle-ci, fera de vous un homme libre ! » Jean 8-32. Quelle liberté pour lui, s’il disait la vérité ?Pourtant, la religion chrétienne avait marqué les siècles précédents du sceau de la charité ?En réfléchissant bien, l’Eglise Primitive était-elle vidée de son sens, pour quelques abus, tel l’Inquisition ou le rejet de la Femme ? ( Rappelez-vous l’Encyclique Malleus Maleficarum : le Marteau de la Sorcière, les Libres Penseuses ! ).Il se remémorait les principes enseignés par son professeur de Théologie, chez les Maristes !Ainsi, l’idée moderne d’humanité commence à pointer son nez avec les premiers chrétiens. Il est vrai que cette notion n’est pas inconnue des Grecs, ni des précédentes civilisations d’ailleurs.
Mais, avec le christianisme, cela prend une dimension nouvelle : ils déclarent, en effet, que nous sommes tous Frères ! Plus de maîtres ni esclaves, plus de riches ou de pauvres : l’être humain a les mêmes capacités pour choisir librement son destin. On vient d’inventer la première morale universaliste ! C’est donc la Fraternité et la Liberté pour tous. Il reste l’Egalité à conquérir : on attendra 1789 !Une autre idée venait à l’esprit d’Antoine-Baptiste : que faisait-on de l’Amour enseigné par le Fils de l’Homme ?L’Amour est le moteur du monde : si les hommes ne parlaient que d’amour, il n’y aurait jamais de guerre !En grec, il y a dix termes différents pour parler d’amour : cela va de Pathos : Amour-Passion, jusqu’à Agapé : amour inconditionnel qui ne demande rien en échange.L’amour doit être synonyme d’Alliance : alliance entre deux sujets dans la liberté et le respect de l’autre.Le fruit de cette alliance est nécessairement un accomplissement, un plaisir. La relation amoureuse entre deux êtres doit être un partage à égalité : chacun doit y trouver un plaisir et non une charge.On peut aimer à plusieurs niveaux : c’est le propre de la Fraternité !Il s’agit alors de tenir le sens de l’universel pour tous ceux pour lesquels nous avons un sentiment fraternel et laisser le sens particulier pour celui ou celle qui se détache par un sentiment plus sensuel.« Tout est pur, pour celui qui est pur » Paul de Tarse L’émotion submergea Antoine-Baptiste. Il venait de découvrir tout un pan de l’histoire.
Il apprenait ainsi une partie inconnue de la fin des Templiers : cela remettait en cause l’honneur bafoué de ces moines-soldats.L’Eglise avait fait croire que les Templiers n’étaient que des renégats et des impies !En fait, ils s’étaient laissé arrêter sans combattre, par les autorités royales, croyant qu’ils pourraient se justifier. Ils ne comptaient pas sur la fourberie des hommes : ils avaient été condamnés sans appel, avant d’être emprisonnés. La haine et la convoitise du Roi, la faiblesse du Pape, n’ont été contredites que par les paroles prononcées sur le bûcher par le Grand Maître : avant la fin de l’année 1314 tous deux seraient punis de leur crimes et seraient jugés devant le Tribunal de Dieu.
Le Trésor consitait donc en deux reliques principales.Baphomet, la tête embaumée de Jean le Baptiste.Le Vase Sacré de Jésus.Mais ce qui l’intrigua le plus, c’est la disparition de ces trésors du territoire national.D’après ce qu’avait dit le Grand Maître, c’était la branche « écossaise » qui avait rejoint les Iles Britanniques quelques temps avant les évènements, afin de les cacher dans leur pays.Antoine –Baptiste eut une idée : il fouilla dans la partie ésotérique de la bibliothèque de son père et découvrit un livre « Rosslyn » de Tim Wallace-Murphy et Marylin Hopkins.
Il put recouper les affirmations du papyrus découvert par Jean.En effet, le Grand Maître avait été averti depuis longtemps des conspirations contre le Temple. Il savait pertinemment les échanges à ce sujet entre le Pape et le Roi de Fance. Il avait donc décidé de mettre à l’abri toutes les valeurs détenues par eux, dont les deux reliques.
Le docteur Murphy, associé à madame Hopkins, spécialistes écossais de la question, trouvèrent un écrit de Guillaume de Tyrse, datant du XII ème siècle, expliquant que les Templiers auraient eu, en main, un manuscrit où étaient notés les différents sites contenant le trésor du Temple de SalomonEn 1948, à Qümram, sur les bords de la Mer Morte, un exemplaire identique, parmi les nombreux documents, avait été trouvé, confirmant ces dires.
Evidemment, les endroits fouillés étaient vides.Un peu avant les évènements de 1314, beaucoup de templiers d’origines étrangères s’enfuirent partout en Europe, rejoints, ensuite, par les survivants.Ainsi on en retrouve au Portugal, dans la forteresse de Tomar, qui ont fondé les Chevaliers du Christ. On en retrouve également en Allemagne et dans les Pays-bas où ils ont fondé les Chevaliers Teutoniques.Mais, en ce qui concerne le Trésor, il y avait eu un nombre important d’écossais qui étaient partis ensemble pour le transporter et le protéger. C’est ce qu’avait découvert Murphy et Hopkins :432 templiers, pour la plupart d’origine écossaise et les autres irlandais, des deux régions anglaises les plus catholiques. Ils étaient partis au pays, avec à leur tête un noble descendant de Sir Henri Saint-Clair,Sir Henri Saint-Clair, le premier nommé, était un parent par alliance d’Hugues de Payns. Baron de Rosslyn, lui même chevalier écossais mais d’origine normande, il offrit aux Templiers leur première terre en Ecosse, à Ballantrodoch. Ils y installèrent leur siège dans ce pays.En 1314, le chef de la cohorte écossaise étaient donc un descendant direct du premier nommé.Il se prénommait Henri, comme son aïeul, et étaient accompagné de ses deux fils, William et Henri. Ils rejoignirent tous le fief de Ballantrodoch .
Très peu de temps après leur retour, ils participèrent tous à la bataille de Bannockburn en 1314.Le roi d’Ecosse, Robert Bruce était en mauvaise posture, face aux troupes anglaises, plus nombreuses, plus aguerries et plus expérimentées que les quelques rares soldats écossais ; Ces derniers étaient pourtant accompagnés néanmoins de l’enthousiasme, le patriotisme et la bravoure du petit peuple qui avait délégué tous ses hommes en âge de se battre, pour la plupart de braves paysans conduits par leurs seigneurs.Le Roi d’Angleterre étaient sûr de sa victoire. Dans la plaine de Bannockburn, il déploya ses bataillons de fantassins, avec en retrait, sa cavalerie. Il vit, en face, les pauvres troupes de Robert Bruce.
Ce dernier avait une réputation d’héroisme exceptionnel et était adulé par ses hommes .
Il savait qu’ils se feraient tous tuer jusqu’au dernier avec lui.Mais après les premières escarmouches, plutôt à l’avantage des anglais, la cavalerie britannique fit son apparition. Les anglais étaient sûr de l’emporter.A ce moment là, apparut Sir Henri Saint-Clair, à la tête de presque cinq cents templiers, superbes dans leur tunique blanche, à la croix rouges. Ce fut la panique chez les anglais.Grâce à la bravoure et surtout à la tactique de ce corps de templiers, la bataille fut une retentissante victoire qui chassa à jamais les anglais du royaumme d’Ecosse.
Le roi d’Ecosse leur voua une reconnaissance infinie et les protégea toujours, ainsi que leurs descendants.A la mort de son père, le fils aîné, William, bâtit la chapelle familiale où est enterrée toute la famille, à Rosslyn.William fut également le Grand Maître de la Guilde des Free-Masons en Ecosse, maçonnerie opérative de l’époque.La famille Saint-Clair est donc connue, dès cette époque, à double titre comme Templier et Maçon.Dans son livre, le Dr Murphy émet l’hypothèse que le Trésor, s’il a bien été rapporté à l’époque en Ecosse par la troupe de Templiers commandée par Sir Henri Saint-Clair, est enterré sous la chapelle de Rosslyn.
Cette chapelle se situe à 11 kms d’Edimbourg.
Elle se dresse sur le site d’un ancien Temple dédié à la gloire de Mithra.Définitivement terminée en 1446, elle est décorée d’une quantité d’étonnants bas-reliefs d’inspiration judaïque, chrétienne, égyptienne, maçonnique et même païenne.Une mission internationale voulut, en 2005, entreprendre des fouilles mais les descendants de la famille s’y opposèrent formellement, au prétexte de laisser leurs aïeux dormir en paix !
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire